Certains modèles d'intelligence artificielle ne tournent pas sur un ordinateur normal. Ils demandent une carte graphique professionnelle, celles qui coûtent le prix d'une voiture. Vast.ai est un marché où des particuliers et des entreprises louent la leur à l'heure, entre vingt centimes et un euro cinquante selon la machine.
Le 20 août 2026 j'ai loué trois machines dans la journée, pour trois dollars au total. J'y ai fabriqué un clip complet : la musique et l'image, générées en même temps sur la même carte.
Ce qui suit est ce que j'ai relevé à l'écran ce jour-là. Les trois pièges décrits plus bas ne sont écrits nulle part dans la documentation, et chacun m'a coûté du temps ou de l'argent.
Vous ne louez pas un service, vous louez une machine entière, avec son disque, sa connexion et sa carte graphique. Vous vous y connectez, vous installez ce que vous voulez, et quand vous avez fini vous la rendez. Il n'y a pas d'abonnement et rien à résilier.
La facturation est à l'heure entamée, et elle commence dès que la machine est réservée, pas quand vous commencez à travailler. Le téléchargement de l'image de départ, qui prend cinq minutes, vous est donc facturé.
Les prix relevés ce jour-là, pour une machine avec 80 Go de mémoire vidéo :
C'est le conseil le plus rentable de cette page, et c'est l'inverse du réflexe. Ce qui décide de la durée de votre session, ce n'est pas la puissance de la carte, c'est la vitesse de téléchargement de la machine.
Les modèles d'intelligence artificielle pèsent des dizaines de gigaoctets. Sur une machine à 500 mégabits, les télécharger prend vingt minutes que vous payez. Sur une machine à 5 000, il faut trois minutes. J'ai mesuré 40 Go descendus en cinquante-neuf secondes.
Dans la liste des offres, triez par prix mais lisez la colonne du débit. Visez 5 000 mégabits ou plus, et une fiabilité au-dessus de 0,98. Le pays n'a aucune importance, seule la connexion compte.
La taille du disque se décide au moment de la réservation et devient définitive. C'est la cause d'échec la plus bête : un disque trop petit fait planter le téléchargement des modèles à mi-parcours, et vous avez payé pour rien.
Comptez large. Pour un modèle vidéo et un modèle de musique installés côte à côte, j'ai occupé 52 Go. J'avais pris 200 Go, ce qui était trop, et vous verrez plus bas pourquoi le trop se paie aussi.
Vous réservez une machine, elle apparaît dans votre liste, et elle ne démarre pas. Le statut ne bouge plus. Rien ne vous dit ce qui se passe.
L'explication est que le propriétaire de la machine l'a allouée à quelqu'un d'autre entre-temps. Votre réservation existe, mais la carte n'est plus libre. Aucun message ne vous l'annonce.
Le réflexe naturel est d'attendre que ça se débloque. C'est la mauvaise réponse, et elle m'a coûté quarante-cinq minutes. Détruisez la réservation, reprenez la ligne suivante dans la liste, et continuez. Il y en a des centaines, et la suivante démarre en général en cinq minutes.
C'est le plus coûteux des trois, parce qu'il ne ressemble pas à une panne. Votre programme tourne, la barre de progression avance, tout a l'air normal. Sauf que la carte graphique, elle, ne fait rien : le calcul est parti sur le processeur, qui est dix à cinquante fois plus lent.
Rien ne vous prévient. Ce jour-là ça m'est arrivé deux fois, pour deux raisons différentes, et j'ai payé environ dix-huit minutes de carte inutilisée.
La vérification prend cinq secondes, et il faut la faire systématiquement dans les deux minutes qui suivent le lancement d'un long calcul. Vous ne regardez pas la barre de progression, vous regardez le pourcentage d'utilisation de la carte. S'il est à zéro alors qu'un calcul est censé tourner, coupez tout de suite.
Les deux causes que j'ai rencontrées : une option de la commande qui bascule le travail sur le processeur, et surtout une installation de bibliothèque qui remplace silencieusement le moteur de calcul par une version incompatible avec la machine louée. Ce second cas est sournois parce que la même commande fonctionne sur une machine et casse sur la suivante.
Il y a deux façons de terminer. Éteindre conserve le disque, avec tout ce que vous avez installé dessus, pour repartir plus vite la prochaine fois. Détruire efface tout.
Éteindre paraît évidemment plus malin. Sauf qu'une machine éteinte facture toujours son disque, et elle facture la taille que vous avez réservée, pas celle que vous utilisez. Pour 200 Go, j'ai relevé 1,60 dollar par jour. Une machine oubliée en veille vide un compte de cinq dollars en trois jours, sans que rien ne tourne.
Comme les modèles se retéléchargent en une minute sur une bonne connexion, garder le disque ne vaut presque jamais son prix. Détruisez, une fois vos fichiers récupérés. Éteindre ne se justifie que si vous reprenez dans la journée.
Et récupérez vos fichiers avant de détruire : tout ce qui est sur la machine disparaît avec elle.
Sur une seule carte de 80 Go, j'ai fait tourner en même temps un modèle de génération vidéo et un modèle de musique. Le premier occupait 33 Go de mémoire, le second 8. Ils n'ont pas eu à attendre l'un l'autre.
Les temps relevés : vingt-cinq secondes de musique générées en six secondes, et cinq secondes de vidéo en haute définition en un peu moins de six minutes.
La deuxième fois que j'ai monté le même environnement, en rejouant mes notes, tout était prêt en trois minutes et demie. La première fois m'avait pris cinquante minutes. C'est la vraie raison d'écrire ce que vous faites au fur et à mesure : sur une machine facturée à l'heure, vos notes valent de l'argent.
Le crédit que vous mettez sur le compte est un plafond dur. Il n'y a pas de rechargement automatique et pas de découvert : quand il est épuisé, la machine s'arrête. C'est une sécurité, pas une contrainte. Commencez avec cinq ou dix dollars, vous verrez très vite ce que vaut une heure.
C'est un lien de parrainage : si vous ouvrez un compte par ce lien, vast.ai me reverse 3 % de ce que vous dépensez. Ça ne change rien à ce que vous payez, et le service est le même qu'en passant par la page d'accueil de vast.ai.
À taper dans un terminal, après avoir installé l'outil vastai et collé votre clé. La recherche filtre déjà sur le débit, qui est le critère qui compte.
À lancer sur la machine louée, dans les deux minutes qui suivent le début d'un long calcul. Si le pourcentage est à zéro, vous payez pour rien : coupez.